Constructivisme

Constructivisme

Jean Piaget (1896-1980) est le plus connu des théoriciens du constructivisme. Ce mouvement, issu des travaux qu’il a conduit dès 1923, se développe en réaction au béhaviorisme et postule que l’intelligence se construit plutôt qu’elle n’est conditionnée. 

Depuis que l’école existe, on observe que les pédagogues présentent des démarches plus ou moins proches du constructivisme. Confucius (551-479 av. J.C.) n’a-t-il pas dit “J’entends et j’oublie, je vois et je retiens, je fais et je comprends”, cette proposition étant à la base même de ce courant. Sans remonter si loin, ce courant n’en est pas moins lié aux méthodes actives qui apparaissent déjà à la Renaissance [Rabelais (1494?-1553), Comenius (1592-1670)], passent par Rousseau (1712-1778), Pestalozzi (1746-1827), Froebel (1782-1852), et gagnent l’ensemble du monde de l’éducation dès la fin du XIXe siècle, se développent au travers de nombreux grands noms de la pédagogie, Dewey (1859-1952), Montessori (1870-1952), Decroly (1871-1932), Claparède (1873-1940), Ferrière (1879-1960), entre autres. Ces pratiques, très riches, ne cessent de s’améliorer au cours des siècles.

Cette théorie part de l'idée que la connaissance est élaborée par l'apprenant sur la base de ses acquis antérieurs, de son activité mentale, de sa réflexion. Plus précisément, le processus d’acquisition passe par trois phases. Ainsi, une personne confrontée à une situation, une tâche ou un problème inconnu va :

- enregistrer les nouvelles données et mobiliser ses facultés

- “travailler” les informations perçues afin de les comprendre, les organiser pour construire une nouvelle représentation

- intégrer le nouveau concept et le mettre en oeuvre.

Les travaux dirigés et/ou pratiques, les exposés préparés et présentés aux camarades, complètent les manuels scolaires. Nombre de procédés, démarches, méthodes, groupés sous le terme pédagogies actives sont les outils privilégiés du constructivisme et contribuent à la formation des savoirs qui ne sont plus de simples copies de la réalité, mais des (re)constructions de celle-ci.

C’est ainsi que la pédagogie du projet, les techniques de résolution des problèmes, la méthode Cuisenaire, le “texte libre” et bien d’autres, se sont développés.

Cet enseignement est aussi fondé sur l’idée que les étudiants progressent quand ils s'approprient la connaissance par un apprentissage actif. Les mises en pratique remplacent les manuels, le raisonnement se substitue à l'apprendre par coeur.

La tâche du pédagogue consistera donc à créer des situations appropriées, proposer les meilleures conditions de travail grâce auxquelles l’organisation des acquis sera favorisée.

L’instruction basée sur ce modèle est exigeante en temps. Elle demande aussi un haut niveau de qualification et nécessite des compétences particulières, autant pour la conception que pour la gestion des leçons. Un degré élevé de formation des enseignants est donc une nécessité.